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LES SERVICES D’INCENDIE,

UNE PREOCCUPATION PROVINCIALE



INTRODUCTION.
 
Le décret du 21 mars 2002 a instauré un nouveau type de relations entre les Provinces et les Régions.
Dans ce cadre, chaque province a été invitée à inscrire dans son contrat de partenariat un montant de dépenses destinées à alléger directement les charges des communes en matière de services d’incendie. Ce montant devra atteindre 3 % de la dotation du Fonds des Provinces en 2003, 6 % en 2004, 9 % en 2005, 12 % en 2006 et 15 % en 2007.
 
Pour les Provinces, il s’agit d’une disposition à la fois innovante et importante.
 
Innovante, parce que les Provinces vont intervenir directement dans le financement des services d’incendie. Elles vont ainsi être impliquées dans une sphère de compétence qui était traditionnellement du ressort des Communes et de l’Etat.
 
Importante, parce que la part de budget affectée à ce projet représente, dès 2005, une somme de plus de 580.000 euros ou 23.400.000 francs belges. Et, selon ce qui est prévu, ce montant s’accroîtra de manière significative dans les exercices ultérieurs.
 
L’engagement des Provinces dans ce nouveau créneau signifie qu’elles vont désormais prendre des options qui influenceront concrètement le fonctionnement des corps de sapeurs-pompiers. Sans doute est-ce l’occasion d’aller à la rencontre de ces services publics, d’en cerner la réalité et par là même, de mieux percevoir les aspirations des hommes qui s’y dévouent.
 
Ce sera mon propos de ce jour.
 
Après un bref historique, j’envisagerai d’abord leurs missions, leur organisation et leur fonctionnement. Ensuite, dans un esprit prospectif, je vous ferai part de quelques sujets de préoccupations quant à leur devenir. Enfin, en guise de conclusion, je vous inviterai à nous pencher sur le rôle de la Province en cette matière des services d’incendie.
 
HISTORIQUE .
 
Depuis toujours, l’homme a été, à la fois, fasciné et inquiété par le feu.
 
Pour son bien-être et ses activités, il s’est attaché à développer cette source d’énergie et de confort. En même temps, il a dû s’acharner à maîtriser cette force qui pouvait aussi causer ruine et mort.
 
La sédentarisation, la concentration de l’habitat et la naissance des cités confortèrent cette évidence et mirent en avant la nécessité d’organiser la lutte contre l’incendie.
 

C’est ainsi que, dès l’antiquité, les Egyptiens et les Grecs organisaient des rondes de surveillance.

Au début de notre ère, Auguste constitua à Rome une légion de vigiles répartis en sept cohortes en charge chacune d’un secteur géographique. Première forme de groupement structuré, ce système de « corpus vigilium » fut étendu à toutes les grandes villes de l’Empire. Avec le déclin de celui-ci, l’institution disparut.
 
Il fallut attendre Charlemagne et la mise en place de « veilleurs de nuit » pour que renaisse une volonté de prévention systématisée contre l’incendie. Ce n’est pourtant qu’avec le développement économique et l’émancipation urbaine de l’occident médiéval que la fonction se généralisa avec l’instauration du « guet » chargé de veiller et de faire donner le tocsin en cas d’alerte. C’est aussi dans ces villes du Moyen-Age qu’animée par le sentiment d’appartenance à une communauté et par la nécessité de la défendre, l’opportunité d’assurer des services d’intérêt commun s’est affirmée. La lutte contre l’incendie devenait un « service public » qui concernait toute la population. En même temps, dans un souci de prévention, des règlements municipaux imposaient de disposer dans chaque demeure des récipients à eau et d’éteindre les feux à la tombée du jour.
 
A partir des XVIIème et XVIIIème siècles, avec l’apparition des premières « pompes à bras », les moyens de lutte active contre le feu connurent enfin un développement technique. Ce matériel et ses servants constituèrent l’embryon des premiers services d’incendie. Sous divers vocables, garde-pompes, garde bourgeoise, garde municipale,… ces corps, constitués à la manière militaire, émanaient pour la plupart des communes. Ils s’occupaient aussi d’ordre public et de police.
 
L’implication communale dans leur organisation fut institutionnalisée par les décrets des 16 et 24 août 1790 qui placèrent les incendies au premier rang des accidents et fléaux qu’il appartenait aux municipalités de prévenir ou de faire cesser par les « secours nécessaires ». Cette responsabilité essentielle, toujours d’application aujourd’hui, ne fut toutefois prise en compte à l’origine que par les seules villes importantes.
 
L’appellation de « sapeur-pompier » fut officialisée sous Napoléon Bonaparte. Il confia la défense de Paris contre l’incendie à son corps d’armée du Génie dont les hommes portaient le titre de… « sapeurs ». Considérant qu’il devait s’agir d’un corps d’élite, il imposa une organisation et un casernement à la manière de l’armée.
 
Ce contexte militaire sera confirmé par l’Etat belge en 1836. Une loi permettra aux Communes d’opter pour un Corps de pompiers armé, subsidié par la nation mais chargé, en contrepartie, de missions d’ordre public. Aujourd’hui encore, du Caporal au Colonel, les grades sont toujours fixés par référence à ceux de l’armée conformément, d’ailleurs, à un A.R. de 1935 qui avait réaffirmé cet état de fait.
 
Le XIXème siècle et le début du XXème marquèrent un tournant significatif dans l’équipement des corps d’incendie. Avec les pompes à vapeur d’abord et celles à moteur thermique ensuite, tractables ou automobiles, avec les échelles mécaniques, avec les fourgons-pompes, le matériel de lutte contre l’incendie allait évoluer vers une configuration moderne. L’efficacité, elle aussi, se trouvait renforcée par l’installation des premiers réseaux de distribution d’eau et l’emploi du téléphone.
 
Il faut toutefois noter que, durant de nombreuses années, l’équipement des services fut laissé à l’entière discrétion des communes, au gré de leurs besoins et de leurs moyens financiers. Il s’en suivit une grande disparité, et même incompatibilité, des matériels.
 
 
A l’aube de la grande guerre, 361 communes disposaient d’un corps d’incendie et 411 possédaient un matériel « mis à disposition » de la population. Plus d’un millier de municipalités n’alignaient donc aucun moyen de défense contre l’incendie ! ! !
 
Avec l’A.R. du 15 mars 1935, apparaissaient une certaine volonté de coordination et d’encadrement ainsi que des principes de base de l’organisation des corps de pompiers :
 
- le rappel de l’obligation pour les communes de s’assurer des moyens suffisants contre l’incendie ;
 
- l’intervention du Gouverneur de Province dans la nomination des officiers et l’adoption des règlements organiques des corps d’incendie ;
 
- l’inspection des services par le Gouvernement. 

Durant la seconde guerre mondiale, l’ampleur inattendue des destructions et, notamment, les ravages des attaques aériennes mirent les services de secours à rude épreuve. Ils firent preuve de courage et d’abnégation malgré l’insuffisance des moyens et un manque de coordination.
 
Dans la foulée du renouveau des équipements, de l’apparition de centres régionaux d’incendie, des prémices de la structuration du transport des blessés et de l’activation des centres d’appel unifié « 900 », les années 1950 et 1960 ont consacré la mise en œuvre des principes de l’organisation actuelle des corps d’incendie. Les lois de 1963 sur la protection civile et de 1964 sur l’aide médicale urgente en seront les piliers essentiels.
 


LES MISSIONS.


Si, tout naturellement, la première tâche des pompiers a été de prévenir et de combattre l’incendie, bien d’autres sont venues s’y ajouter au fur et à mesure du développement des risques, de l’amélioration des techniques et aussi de l’évolution des mentalités toujours plus soucieuses de sécurité. Ce fut notamment le cas pour ce qui touche à l’assistance aux personnes et à la protection des biens. De même en matière d’aide médicale urgente et de fonctionnement des centres 100.
 
Je vous propose de parcourir ces différents aspects fonctionnels qui constituent le quotidien des services d’incendie.
 
1) La lutte contre l’incendie.
Avec le temps, cette mission primordiale s’est fortement complexifiée. De nos jours, à côté des combustibles naturels comme le bois, les incendies sont de plus en plus alimentés par des matériaux synthétiques et des substances chimiques. Leur grande combustibilité complique l’extinction tandis que leurs réactions au feu peuvent être cause d’explosions ou de dégagements toxiques. Qu’il s’agisse de présence de produits dangereux ou de réserve de carburants, les risques foisonnent, avec plus ou moins d’ampleur, de la simple habitation aux installations industrielles.
 
Aujourd’hui, le « combattant du feu » se doit de plus en plus d’être un technicien aguerri et documenté non seulement pour faire face à la complexité et à la diversité des sinistres mais encore pour mettre en œuvre les moyens sophistiqués que les interventions requièrent. Cette constatation me permet d’insister tout particulièrement sur le caractère primordial de la formation professionnelle et de l’équipement des corps d’incendie.
 
 
2) La prévention.
Lutter contre les incendies c’est aussi bien sûr prendre des mesures pour les éviter, pour les détecter rapidement ou pour en limiter l’extension et les effets, s’ils se déclarent. Un ensemble de réglementations tant fédérales que régionales, communautaires ou communales, imposent des dispositions préventives.

C’est notamment le cas en ce qui concerne la protection des travailleurs, certains permis de bâtir, les hôtels, les hôpitaux, les maisons de repos, les résidences pour personnes âgées, les établissements scolaires, les lieux accueillant du public, les dancings, les bals ou manifestations publiques, etc…
 
Pour que ces obligations soient efficaces, il s’impose évidemment d’en contrôler l’exécution. Cette mission fondamentale incombe à des officiers « préventionnistes » des services incendie. Ils agissent sur ordre des Bourgmestres qui, faut-il le rappeler, sont chargés de l’application des lois et règlements dans leur commune, spécialement en matière de sécurité. Dans l’exercice de cette lourde responsabilité, l’autorité communale peut évidemment, chaque fois qu’elle l’estime nécessaire, requérir l’avis de ces techniciens spécialisés en prévention.
 
 
3) Les missions de sauvetage et de sauvegarde.
 
Indépendamment de ce qui ressortit à la lutte contre le feu, les pompiers sont appelés dans bien d’autres occasions. Confirmant le caractère hautement humanitaire de leur fonction, il est en effet de tradition de recourir à leurs services chaque fois que des personnes ou des biens sont en danger.
 
En premier lieu, on pense bien sûr aux calamités (tempête, inondations, tremblement de terre) et aux catastrophes (accidents d’avion, de chemin de fer, pollution industrielle,…).
 
C’est aussi le cas pour tout un ensemble de situations que, dès 1967, une circulaire ministérielle a répertoriée sous 22 rubriques et classées au nombre des tâches normales et gratuites des services d’incendie. On y relève ainsi des interventions en cas de noyades ou d’asphyxies ou pour des personnes bloquées dans un ascenseur, réfugiées sur un toit, ensevelies sous des décombres, électrocutées, coincées sous une machine,… Et encore pour vidanger des caves inondées, ventiler des locaux envahis par le gaz, réduire des pollutions ou dégager des voiries. Sans oublier, la neutralisation des nids de guêpes et des essaims d’abeilles !
 
Tout récemment, le 7 avril 2003, un Arrêté Royal a redétaillé précisément les missions de sécurité civile qui sont du ressort des services d’incendie et qui répondent aux nécessités de la vie actuelle (voir annexe n° 1).
 
 
On soulignera l’accent nouveau mis, entre autres, sur :
 
- les travaux de secours techniques (recherche des victimes, plongée, brigade canine…). A ce titre, il faut mentionner la part importante des interventions réalisées sur les accidents de circulation, notamment pour désincarcérer les victimes ;
 
- le traitement des pollution chimiques, nucléaires et par hydrocarbures ;
 
- la protection préventive en cas d’inondations ;
 
- la coordination des secours ;
 
- la participation à des missions à l’étranger ;
 
- les dispositifs préventifs lors de manifestations publiques ;
 
- et, enfin, l’assistance technique ponctuelle aux autorités policières et judiciaires.
 

4) L’aide médicale urgente.
 
La Loi du 8 juillet 1964 organise l’aide médicale urgente et, notamment, le transport par ambulance des malades et blessés vers le centre hospitalier le plus proche.
 
En province de Namur, ce service ambulancier est, dans sa grande majorité, assuré par les corps d’incendie. Sans compter son caractère essentiel en termes de santé publique, il s’agit quantitativement d’une de leur mission les plus importantes
 
Pas moins de 17.385 interventions ont été effectuées en 2002 ! Soit plus de 47 missions par jour ! Les ambulances doivent répondre à des normes spécifiques édictées par le Ministère de la Santé Publique. Leurs équipages, habilités à prodiguer les premiers secours et à contribuer au maintien des fonctions vitales en attendant les renforts médicalisés, sont composés de pompiers ayant suivi une formation spécialisée et soumis à des recyclages annuels obligatoires.
 
 
5) Le Centre « 100 ».
 
Véritable plaque tournante de l’organisation des secours non policiers, les centres « 100 » sont des instruments essentiels. C’est là en effet que s’effectuent la réception des appels de détresse, leur prise en compte et le dispatching des missions vers les services territorialement et opérationnellement compétents. Le système informatisé RINSIS permet non seulement de répertorier et d’enregistrer chaque appel mais encore de le localiser immédiatement avec précision. Chaque province doit, à terme, disposer d’un unique centre 100 appelé à couvrir l’entièreté de son territoire. Pour des raisons liées à la configuration actuelle du réseau téléphonique, le centre 100 de Namur, localisé à l’arsenal du Service Régional d’Incendie, ne dessert pas encore l’entièreté de notre province. Celle-ci , au sud et à l’ouest, dépend toujours en partie d’Arlon et de Mons. A de nombreuses reprises, l’attention du Ministre de l’Intérieur a été attirée sur la nécessité opérationnelle de réaliser effectivement cette centralisation au niveau de notre province. Signalons enfin que les appels via le numéro européen 112 sont également traités par ces centres.
 
 
6) Quelques indicateurs.
 
Pour encore mieux prendre conscience de l’importance des tâches de nos services d’incendie, permettez-moi de citer quelques chiffres particulièrement significatifs (voir annexe n° 2).
 
En 2002, ils ont effectué 30.605 missions, soit une moyenne d’une mission toutes les 17 minutes. Les interventions se répartissent comme suit :
 

- 1.963 pour la lutte contre l’incendie, soit plus de 5 par jour.

- 17.385 pour l’aide médicale urgente, soit plus de 47 par jour.

- 11.257 pour les autres missions, soit plus de 30 par jour.
 
 

ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT.
De compétence fédérale, l’organisation générale des services publics d’incendie est fixée par la loi du 31 décembre 1963 sur la protection civile et l’arrêté royal du 8 novembre 1967.
La classification des corps de pompiers s’opère en tenant compte de leur ressort territorial et de leur importance. Cette différenciation a bien sûr une incidence au niveau de leur fonctionnement, notamment en ce qui concerne les effectifs, l’équipement et la prise en charge des coûts.
 
 
1) Les différents corps de pompiers.
 
Partant de l’obligation légale pour toutes les communes d’être défendues contre les risques d’incendie, il s’ensuit que chacune d’entre elles doit, dès lors, soit disposer d’un corps de pompiers, soit être protégée par un service voisin. Sur base de ce principe, la loi a confié au Gouverneur le soin de répartir les communes de sa province en groupes territoriaux au sein desquels un service régional d’incendie couvre à la fois sa commune centre et une ou plusieurs entités voisines. Après consultation des conseils communaux, cette répartition territoriale s’opère, avant tout, en tenant compte des critères primordiaux de l’efficacité et de la rapidité d’intervention. La primauté de cet impératif opérationnel permet également que des communes soient rattachées à un groupe régional d’une autre province. C’est le cas de Somme-Leuze qui dépend du S.R.I. de Marche et, inversement, des communes luxembourgeoises de Wellin et Tellin qui font partie du groupement régional de Rochefort.
 
En fonction essentiellement de leur importance en personnel et en matériel, les services régionaux d’incendie sont répertoriés en différentes classes :
 

« X » : corps essentiellement professionnels des grandes villes (Bruxelles, Anvers, Liège, Gand, Charleroi) ;

« Y » : corps composés d’un noyau professionnel auquel sont adjoints des pompiers volontaires ;

« Z » : corps principalement constitués de personnel volontaire et qui peuvent compter un ou plusieurs pompiers professionnels.

A côté de ces services régionaux, on trouve aussi des corps communaux autonomes (classe C) qui, en raison de circonstances spécifiques, ne couvrent que leur territoire communal.
 
Enfin, ces différents types de service incendie peuvent, pour des raisons géographiques, comporter des postes avancés qui sont des unités décentralisées permettant une première intervention rapide en attendant l’arrivée des moyens de la caserne centrale.
 
En province de Namur, on recense :
 

- 1 Centre de classe Y à Namur ;

- 13 Centres de classe Z (Andenne, Beauraing, Ciney, Couvin, Dinant, Eghezée, Florennes, Fosses-la-Ville, Gedinne, Philippeville, Rochefort, Sambreville et Yvoir) ;

- 2 Centres C (Gembloux et Vresse-sur-Semois) ;

- 2 Postes avancés (Cerfontaine pour Couvin et Clermont pour Florennes).
 
(voir annexes n° 3 et n° 4)
 
Cette approche de la répartition des corps d’incendie me donne l’occasion d’insister sur la nécessité en matière d’organisation des secours, de privilégier autant que possible la proximité des services. Tant pour la rapidité d’intervention que pour la bonne connaissance du terrain, c’est un élément opérationnel de premier ordre.
 
 
2) La zone de secours.
 
Indépendamment de l’organisation générale des services et de la répartition existante des groupes régionaux, la loi prévoit qu'à l'initiative du Gouverneur et avec l’accord des communes concernées, le Ministre de l’Intérieur peut créer des zones de secours regroupant les territoires protégés par plusieurs services d’incendie. Par arrêté ministériel du 5 janvier 2000, une zone unique a ainsi été créée pour l'ensemble de la province de Namur.
Dans le souci premier d’améliorer la protection de la population, l’objectif de la zone est avant tout de renforcer la coordination des secours et la coopération mutuelle entre services d’incendie.
Sa finalité réside également dans la recherche d’un usage plus rationnel des moyens, y compris pécuniaires, et dans une optimalisation de la mise en service des personnel et matériel disponibles.
 
Pour ce qui est de son fonctionnement, la zone comprend divers organes :
 

§ Le Comité de Gestion qui établit la politique générale de la zone et la convention de secours. Celle-ci règle, notamment, les modalités pratiques des renforts entre services, de concertation en matière de prévention, de rationalisation des achats de matériel ou encore de collaboration avec la Protection civile.
Ce Comité est composé des Bourgmestres des communes adhérentes, des Chefs de corps et du Gouverneur. Observons que les communes protégées en font également partie et, fait important, ont ainsi la possibilité de participer aux décisions comme les communes centres de groupe.

 
§ La Commission technique qui regroupe les chefs des services incendie. Elle veille à l’exécution des missions imparties à la zone, rend des avis et fait des propositions au Comité de gestion. Cette commission se subdivise en différents groupes de travail spécialisés en matière d’administration, de prévention, d’équipement, d’opérations, d’aide médicale urgente et de formation.
 
§ Et enfin, le Comité provincial de coordination qui réunit le Gouverneur, la Protection civile ainsi que les présidents du Comité de gestion et de la Commission technique. Il veille, comme son nom l’indique, à la coordination des activités de la zone.
 
Au terme de bientôt quatre ans d’existence, je crois qu’il est permis de tirer un bilan fort positif. A ce titre, je voudrais particulièrement mettre en exergue :
 
- la rationalisation des achats de matériel qui, grâce à un travail suivi de concertation entre chefs de corps, permet d’inventorier les besoins prioritaires, d’harmoniser autant que possible les équipements et d’utiliser au mieux les disponibilités financières.
 
- le renforcement de la coopération entre services. A ce propos, je citerai tout spécialement l’exemple des renforts en personnel et en matériel prêtés par tous les corps d’incendie de la province à leurs collègues directement touchés par les dernières inondations. L’importance des moyens et leur mobilisation rapide constituent un notable progrès opérationnel. Il faut aussi souligner qu’une étude a permis de dresser pour chaque entité un tableau des services incendie pouvant intervenir le plus efficacement en renfort du corps territorialement compétent. (voir annexe n° 5)
 
- la volonté, dans un souci d’efficacité d’uniformiser les méthodes de travail, d’échanger des avis techniques en matière de prévention et de réévaluer régulièrement l’organisation des secours.
 
- l’excellent esprit de collaboration qui existe entre les chefs de corps au sein de la Commission technique et entre les membres de ses différents groupes de réflexion.
 
- et enfin, le fait que, sans vouloir dénier l’ancrage communal, la dimension provinciale de la zone permet sans doute une approche plus large et mieux intégrée des problèmes liés à l’organisation et au fonctionnement des services de secours.
 

En terminant, je voudrais encore rappeler que la zone de secours est un groupement de fait qui procède d’une démarche volontaire d’adhésion des communes. Sur l’ensemble de notre province, seules deux d’entre elles ne font pas partie de la zone de secours.
 
 
3) Le fonctionnement.
Après avoir considéré les différents types de services incendie, voyons maintenant quelques éléments principaux liés à leur fonctionnement comme le personnel et les effectifs, la formation professionnelle, l’équipement et les aspects financiers.
a) Le personnel et les effectifs.
 
Selon qu’ils sont employés à plein temps ou qu’ils prestent ponctuellement à temps réduit, les pompiers figurent au cadre en tant que « professionnel » ou « volontaire ». Indépendamment du plan opérationnel, cette distinction a une incidence statutaire puisque seuls les professionnels ont la qualité de personnel communal. Les volontaires, quant à eux, sont placés dans un régime spécifique d’engagement auquel ils souscrivent. Dans l’un et l’autre cas, dans le respect des prescriptions légales du Ministère de l’Intérieur, ils sont nommés ou engagés par le Conseil Communal. C’est à ce dernier qu’il appartient également d’adopter, en se conformant à un modèle type déterminé par arrêté royal, un règlement organique. Il s’agit là d’un document particulièrement important qui, entre autres, définit le cadre des effectifs et fixe un ensemble de dispositions en matière :
 

- de recrutement et de conditions à remplir ;

- de stage et d’instruction ;

- de nomination et d’engagement ;

- de cessation des fonctions ;

- de devoirs professionnels ;

- d’incompatibilités avec la fonction ;

- de discipline ;

- d’indemnisation des prestations et des accidents de travail du personnel volontaire.
 

On rappellera enfin que, réminiscence de leur passé militaire, la hiérarchie, du sapeur-pompier à l’officier-chef de service, est toujours établie par référence aux grades de l’armée.

En ce qui concerne les effectifs, il convient tout d’abord de noter qu’en fonction de sa classification, chaque corps d’incendie doit comporter un nombre minimum de personnel conformément à une nomenclature établie par l’arrêté royal du 8 novembre 1967. De plus, le service doit être organisé en sorte que des effectifs suffisants (sapeurs et cadres) soient disponibles en tout temps pour intervenir dans les délais les plus courts.
 

Pour vous donner un aperçu de la situation dans notre province, permettez-moi de citer quelques chiffres :

Pour les 16 corps d’incendie, nous comptons un total de 761 hommes. (voir annexe n° 6)
 
Ils se répartissent en :
 

595 volontaires, soit 78 %

166 professionnels, soit 22 %

487 sapeurs pompiers

141 caporaux

90 sous-officiers

11 officiers médecins

32 officiers


Dès à présent, vous remarquerez, et nous y reviendrons, la part déterminante que prend le volontariat dans la structure de nos services d’incendie. Il s’agit d’ailleurs d’un constat qui n’est pas propre à notre province et qui se retrouve dans l’ensemble du pays.
 

 

b) La formation.
 

En évoquant la diversification et la complexité de leurs missions, nous avons déjà épinglé la nécessité de dispenser aux pompiers une solide formation théorique et pratique. C’est une réalité incontournable si l’on veut faire face à la technicité croissante tant des risques que des moyens à leur opposer.

 
On peut, dès lors, se réjouir qu’en avril dernier, le Ministre de l’Intérieur a précisé des dispositions fondamentales en la matière. Tout d’abord, en créant, via les Conseils Supérieur et Interprovinciaux de Formation, une structure officielle de réflexion, d’avis et de propositions quant à la formation et quant à son contenu. Ensuite, en fixant, de manière uniforme pour l’ensemble du pays, le cadre général des programmes de cours et de l’organisation de l’enseignement.
 

Les formations dispensées selon ce nouveau schéma sont de trois types.

 
Il y a en premier lieu celles qui sont sanctionnées par un « brevet » et qui, du sapeur à l’officier-chef de service, sont indispensables pour obtenir une nomination ou une promotion. Ensuite, celles qui confèrent un « certificat » d’aptitude à des missions spécialisées comme par exemple la plongée, les interventions chimiques ou nucléaires ou encore les brigades canines. Viennent, enfin, celles qui donnent droit à une « attestation » de recyclage ou de perfectionnement.
 
Quel que soit le grade, l’obtention des brevets constitue l’essentiel de la formation. Selon le cas, elle intervient au terme d’un programme englobant des matières aussi variées que la lutte contre l’incendie, la protection individuelle, les techniques de sauvetage, l’étude des substances dangereuses ou encore la gestion des ressources humaines. J’ajouterai que le brevet de base de sapeur-pompier requiert 90 heures de cours. Que pour être sergent, il faudra avoir suivi un total de 240 heures et pour devenir officier par recrutement, de 445 heures. Précisons enfin que les nominations ne pourront encore intervenir qu’après la réussite d’examens et la prestation de stages.
 
Pour ce qui est de l’organisation pratique de cet enseignement, elle repose principalement sur des Centres provinciaux qui peuvent, en principe, moyennant agrément ou mandat du Ministre de l’Intérieur, dispenser l’ensemble des différentes formations.
 
Chez nous, c’est le Centre provincial de Formation du Personnel des Services Communaux d’Incendie, aussi appelé « Ecole du feu » , qui assure cet enseignement.
 
Créé par la Province de Namur, cette institution d’enseignement spécifique est intégrée dans notre Institut Provincial de Formation. Le corps professoral se compose essentiellement d’officiers et de moniteurs issus des services d’incendie tandis que des médecins et des infirmiers urgentistes dispensent les cours de secourisme et d’assistance médicale.
 

Je crois utile d’insister sur le fait qu’aucun minerval n’est réclamé aux communes et qu’en conséquence, la seule source de financement de ces formations provient des subventions accordées par l’Etat.

 

Depuis 1991, et son agrément officiel, le Centre provincial a dispensé 3.840 heures de cours et octroyé des brevets à 673 sapeurs-pompiers, 148 caporaux, 156 sergents, 118 adjudants, 48 sous-lieutenants et 55 chefs de service.

Il faut enfin mentionner la formation que doivent obligatoirement suivre les pompiers pour obtenir le brevet d’ambulancier. Celui-ci est délivré au terme d’une formation à l’aide médicale urgente de 120 heures et de stages en hôpital. Notons ici aussi que cet enseignement spécifique ainsi que les recyclages obligatoires sont dispensés au sein de notre Institut Provincial de Formation par le Centre Provincial de Formation d’Ambulanciers et d’Instructeurs en Aide Médicale Urgente. Depuis 1999, le Centre a formé 292 ambulanciers. Il en recycle 574 chaque année.

c) Le matériel.
 
Les services communaux et régionaux d’incendie doivent être dotés d’un matériel minimal prévu par l’arrêté royal du 8 novembre 1967.
 
Il faut d’emblée préciser que cet impératif légal représente un « minimum minimorum » face à l’évolution des risques et à la diversification des tâches des pompiers qui nécessitent un équipement et un matériel de plus en plus conséquent et de plus en plus spécifique.
 
Dans l’état actuel, les corps d’incendie de la Province de Namur disposent d’un charroi comptant 190 véhicules d’intervention. Il s’agit d’un matériel relativement onéreux.

A titre d’exemple, retenons quelques prix de base :
 

§ 233.940 € (9.437.123 FB) pour une autopompe semi-lourde.

§ 249.459 € (10.063.172 FB) pour un camion citerne de 12.000 litres.
§ 556.703 € (22.457.358 FB) pour une auto échelle de ± 30 mètres.

§ 476.429 € (19.219.104 FB) pour un autoélévateur.

§ ou encore 89.864 € (3.625.105 FB) pour un véhicule léger de désincarcération.

 

En estimant en valeur à neuf l’ensemble du parc de véhicules des 16 services d’incendie, on arrive à un montant de 32.991.151 € soit en francs belges, plus d’1 milliard et 330 millions. (voir annexe n° 7)
Compte tenu de la spécificité et de la complexité techniques de ces engins, les acquisitions se font systématiquement en recourant aux marchés publics ouverts par les services spécialisés du Ministère de l’Intérieur. En collaboration avec des représentants des services d’incendie, ceux-ci se chargent notamment de l’établissement des cahiers de charge, de la désignation des fournisseurs adjudicataires et de la réception des commandes.
 

Ajoutons encore que pour effectuer les missions d’aide médicale urgente, nos pompiers alignent 37 ambulances agréées aux normes « 100 » édictées par le Ministère de la Santé Publique.

En plus de ce matériel lourd, il faut évidemment aussi compter l’ensemble des autres équipements individuels et collectifs. Cela va des effets d’habillement et de protection (uniformes, casques, bottes, masques respiratoires,…) aux appareils de détection (explosimètres, dosimètres,…) en passant par les moyens d’éclairage et de communications radio ou encore, les groupes électrogènes et les pompes tant appréciées lors des inondations.
 
 
d) Les coûts de fonctionnement.
 
A ce propos, il convient tout d’abord de rappeler, en y insistant, que les charges financières relatives aux corps d’incendie incombent aux communes. Ceci est une résultante de l’obligation légale qui leur est faite, dans l’article 135 de la loi communale, « de prévenir, par les précautions convenables, et de faire cesser, par la distribution des secours nécessaires, les accidents et fléaux calamiteux, tels que les incendies… ». Les interventions financières, octroyées par les exécutifs fédéral et régional, ne sont donc que des contributions subsidiaires qui n’on rien d’obligatoire et qui, au gré des disponibilités budgétaires ou des options politiques, peuvent toujours être modifiées voire rapportées.
 
Ceci étant dit, voyons comment cette prise en charge des coûts s’opère au niveau de l’ensemble des communes de la province.
 
Ce sont en premier lieu les communes qui disposent de corps d’incendie qui engagent et supportent les dépenses afférentes à leur fonctionnement (salaires, assurances, carburant, communications,…) , à leur équipement (achat et entretien des véhicules, des différents matériels,…) et à leur casernement (bâtiment, chauffage, mobilier,…).
 
Hormis certaines exceptions prévues dans la réglementation, l’ensemble de ces dépenses constitue, après déduction des recettes, le montant de ce que l’on appelle les « frais admissibles ».
 
Pour ce qui concerne chaque service régional, une part de ces frais, fixée par le Gouverneur en fonction de circonstances locales, sera prise en charge par les communes protégées. Pour établir la contribution de chacune de celles-ci, on totalise au niveau provincial l’ensemble de ces quotes-parts de frais admissibles et on le répartit entre les communes protégées suivant un calcul basé sur leur chiffre de population et leur revenu cadastral. (voir annexes n° 8, 9 et 10)
 
Pour l’année 2001, dernier exercice pour lequel on dispose de chiffres définitifs, on retiendra que le total des frais des 16 services d’incendie s’est élevé à 11.917.224,87 euros, soit plus de 480.700.000 francs belges.
 
Ce montant s’établit comme suit :
 
- 5.624.872 euros pour les centres Z (dont 3.523.008 euros à charge des communes-centres Z et 2.101.864 euros à répartir entre les communes protégées).

- 6.212.612 euros pour le centre Y (dont 5.901.982 euros à charge de la commune-centre Y et 310.630 euros à répartir entre les communes protégées).

- 79.739 euros pour le centre C
 
Si l’on se réfère à l’évolution de 1992 à 2001, on peut noter qu’à l’instar de la moyenne provinciale qui est passée de 608 FB à 1.073 FB, les redevances par habitant ont augmenté, quel que soit le type de communes centres ou de communes protégées, de plus de 70 % (voir annexe n° 11). Ce constat me permet de souligner l’effort financier consenti par nos communes, ici comme en d’autres domaines, pour faire face à leurs obligations en matière de sécurité.
 
Dans ce contexte, les aides octroyées par les pouvoirs supérieurs sont évidemment fort appréciées même si elles ne permettent de parer qu’à une petite partie des besoins.
 
Dans la situation actuelle, avant d’envisager l’apport de la Province, elles sont de deux ordres. D’une part, celle que, dans les limites des lois budgétaires et aux conditions qu’il détermine, l’Etat apporte sous forme de subsides à l’achat de matériel ou sous forme de cessions de matériel. Annuellement, le Ministre de l’Intérieur arrête pour chaque province le montant des crédits disponibles. Suivant la clé de répartition en vigueur depuis 1999, notre province a droit à 6,07 % de l’enveloppe fédérale, soit pour l’exercice 2003 un montant de 656.802 € (26.495.335 FB). Ces subsides sont essentiellement destinés à l’achat de matériel lourd et sont affectés aux besoins prioritaires proposés par les chefs de corps des services d’incendie. Permettez-moi de mettre en exergue cette façon de faire qui privilégie l’aspect technique et qui s’effectue dans un consensus de bon aloi.
 
La seconde forme d’aide est celle qui est accordée par la Région Wallonne. Il s’agit d’une dotation spécifique allouée dans le cadre du Fonds des communes et en fonction de différents critères, à certaines communes centres de groupe. Pour l’année 2001, 2.358.471 € (95.140.489 FB) ont été octroyés. Depuis 1992, cette subvention régionale a augmenté de près de 34,5 % et est affectée en grande partie au centre Y (voir annexe 12).

A ces interventions extérieures, il faudra bien sûr, à compter de cette année, ajouter celle que la Province va dispenser dans le cadre du Contrat de partenariat avec la Région Wallonne. Nous y reviendrons plus tard.
 
 

PROSPECTIVE…
A présent que les structures et l’organisation générale des services d’incendie nous sont plus familières, je souhaiterais vous inviter à une réflexion sur leur devenir, et plus précisément sur quelques sujets de préoccupation qui ne manqueront pas de l’influencer.
 
 
1. L’évolution des mentalités.
 
En prémices à notre démarche, je crois que, pour bien cerner les enjeux, il faut avant tout garder à l’esprit que notre société a fait de la sécurité un objectif primordial. Ceci explique qu’en matière de secours, les besoins et les exigences s’affirment de plus en plus et se traduisent par une multiplication des demandes d’intervention. Parfois, cela peut aller jusqu’à une forme de déviance consumériste où les pompiers sont considérés comme de simples prestataires de services mobilisables, en toute occasion, même sans aucun lien avec la protection des personnes ou des biens. Sous cette pression conjuguée d’une diversification des risques et des sollicitations renforcées de la population, les services d’incendie doivent en plus s’adapter à une évolution des mentalités. En effet, aujourd’hui, même lors de calamités que, pourtant, seule la nature commande, l’excuse de la fatalité est de moins en moins admise. Au contraire, dans toute situation portant atteinte aux personnes ou aux biens, il y a systématiquement recherche de causalité et, par là même, de responsabilité.
 
Plus que jamais, les intervenants devront donc faire preuve d’efficacité et de compétence. Si besoin en était, cette réalité justifie amplement les attentes de nos pompiers en termes d’effectifs, de formation et de moyens.
 
 
2. Le recrutement du personnel.
 

Nous avons vu que le binôme « professionnels- volontaires » est à la base de la composition de l’effectif de tous les corps d’incendie de notre province. Cette conception duale doit absolument être maintenue pour pouvoir assurer partout des services de secours à un coût acceptable.

 


Ceci étant dit, deux questions essentielles se posent.
 
Tout d’abord, il y a la professionnalisation accrue que réclament les responsables des services d’incendie. A l’appui de cette revendication, ils invoquent, entre autres, la nécessité de disposer d’un effectif minimal durant les heures ouvrables quand les volontaires sont le moins disponibles ou encore, l’opportunité de disposer en permanence de spécialistes formés à la mise en œuvre et à la maintenance de moyens à la technicité de plus en plus évoluée. Il y a, enfin, l’exigence fonctionnelle de pouvoir bénéficier d’officiers à plein temps dans chaque service.
 
Pour ce qui est de la composante « volontaire », le problème majeur se situe au niveau du recrutement. En effet, il devient malaisé de trouver des candidats qui acceptent tout à la fois de consacrer leurs temps libres au service public, de s’imposer des formations et des recyclages de plusieurs dizaines d’heures, de se soumettre à des astreintes à domicile, et, bien sûr, d’encourir des risques pouvant entraîner des conséquences dramatiques. L’engouement pour le volontariat est aussi freiné par des contingences professionnelles et, notamment, les réticences des employeurs à libérer leur personnel en cas d’alerte. A cela, il faut encore ajouter l’absence d’un statut légal du pompier volontaire qui, de manière uniforme, règlerait un ensemble de dispositions qui, aujourd’hui, peuvent varier au gré des règlements communaux.
 
Pour revigorer les vocations, il faudra inévitablement envisager des incitants, par exemple en matière d’exonérations fiscales, de rétributions des astreintes ou encore de dédommagement de l’employeur pour la charge salariale du pompier en intervention. Sans doute, faudra-t-il aussi redévelopper l’esprit citoyen en exemplifiant l’action des volontaires et en rendant tout leur sens aux notions d’engagement, de solidarité et de civisme.
 
 
3. Le matériel et l’équipement.
 
En préalable, il faut, ici, rappeler toute l’opportunité de réviser les normes légales d’équipement minimal des services d’incendie. Depuis 1977, date de la dernière actualisation légale, les risques et les techniques ont beaucoup évolué. Une adaptation aux besoins actuels s’impose !
 
Sans compter l’acquisition de nouveaux moyens complémentaires, le remplacement du matériel apparaît bien comme une problématique primordiale dans l’optique du maintien d’une capacité opérationnelle efficiente. A titre indicatif, on considère que, pour le matériel roulant, l’amortissement devrait idéalement se calculer :
 
- entre 15 et 20 ans pour les véhicules d’intervention ;
- en 10 ans pour les voitures de commandement et les véhicules de transport légers ;
- en 5 ans pour une ambulance.
 
En suivant ce procédé, pas moins de 104 véhicules sur les 190 existants auraient atteint la limite d’amortissement et seraient à remplacer… Il va de soi que, pour des raisons financières évidentes, cette hypothèse ne peut être raisonnablement envisagée. En considérant les plans pluriannuels d’investissement votés par les Conseils communaux des communes-centres, la Commission technique de la zone de secours a dès lors établi une liste prioritaire des matériels indispensables dans les plus brefs délais. Pour 27 véhicules jugés de nécessité absolue, il faut compter un total de 5.574.664 € soit près de 225.000.000 FB. Neuf fois la subvention annuelle octroyée par l’Etat ! ! !
 
Il est manifeste que, sans renforcement de l’apport extérieur, la tâche s’avère impossible et, en tous les cas, insupportable pour les seules finances communales.
 
Pour ce qui est du matériel, je voudrais encore attirer l’attention sur le fait qu’en raison de sa technicité croissante, certains entretiens et maintenances ne peuvent plus s’effectuer en caserne mais nécessitent un recours à des firmes spécialisées. Ceci entraîne souvent une immobilisation importante du matériel et des coûts de réparation parfois très élevés.
 
 
4. Les communications.
Pour leur sécurité et leur efficacité en opération, les services de secours doivent disposer d’un équipement radio permettant un contact permanent tant avec leur centrale qu’avec les intervenants sur le terrain. En raison notamment du nombre croissant d’utilisateurs et du déficit des fréquences disponibles, de sérieux problèmes de communication (interférences, brouillage, absence de liaison,…) handicapent leur action.
 
C’est en vue d’apporter une solution à cet état de fait que le projet ASTRID a été initié par les pouvoirs fédéraux. L’objectif premier est à la fois de moderniser et d’uniformiser les outils de communication des services de police et de secours tout en favorisant leur coopération mutuelle. Reposant sur le standard européen de technologie TETRA et sur un système de « trunking » permettant une utilisation optimale et fiable de toutes les fréquences, le réseau ASTRID offre une grande souplesse d’utilisation et une sécurisation de la confidentialité. L’installation du maillage d’antenne est en voie de finalisation et la mise en route du système peut s’envisager pour 2004. Une première mise à l’essai a déjà eu lieu pour les pompiers et la police de Namur à l’occasion des récentes fêtes de Wallonie.
 
Il est certain que cette technologie est appelée à se substituer, à plus ou moins court terme, aux systèmes analogiques actuels. Ceci implique évidemment que les équipements en postes portables, mobiles et fixes devront être remplacés par de nouveaux terminaux. Et, bien sûr, cette opération aura un prix dont il faudra tenir compte. La Commission technique de la zone de secours estime que l’investissement nécessaire pour équiper tous nos services d’incendie se chiffre à environ 1.000.000 d’euros.
 
 
5. Standard de sécurité et contribution standard…
Une organisation rationnelle des secours repose sur une bonne connaissance des risques. Qu’ils résultent de la proximité d’une activité comportant des dangers (chimique, nucléaire, toxique,…) ou d’une vulnérabilité particulière à des calamités naturelles (inondations, tremblement de terre, tempête,…), il y a lieu d’en dresser l’inventaire, de les étudier et de relever leur nature, leur probabilité, leurs conséquences potentielles et leur interaction.
 

A partir de modèles mathématiques préétablis, la Zone de secours de la province de Namur participe actuellement à une expérience pilote de mise en œuvre d’une telle analyse des risques.

Si, dans un souci d’équité, on retient l’objectif de faire bénéficier tous les habitants d’un degré de sécurité équivalent, il faudra immanquablement s’interroger en termes de disponibilité des secours et de délais d’intervention.
 
 
Appliquée aux particularités du terrain, cette logique du standard de sécurité pourrait aller jusqu’à induire une éventuelle révision de la répartition et du positionnement des moyens. De même, dans une optique de saine justice distributive, une autre conséquence pourrait être de considérer qu’au principe de sécurité égale pour tous devrait correspondre celui d’une contribution égale de chaque citoyen à l’effort financier nécessaire pour réaliser cette couverture idéale des risques.
 
Dans l’état actuel, ce n’est évidemment pas le cas. Nous avons vu qu’en 2001, la moyenne des redevances par habitant pouvait varier, par exemple, de 13,47 € à 24,47 € dans les communes protégées par un centre Z (voir annexe n° 11). La même remarque vaut aussi pour les communes afférentes à la classe Y avec un minimum de 11,53 € et un maximum de 13,23 €. Pour les communes-centres Z, cela peut aller de 9,13 € à 45,05 € !
 
A titre indicatif, si l’on avait réparti le coût total de nos 16 services d’incendie sur l’ensemble de la province, la contribution standard par habitant aurait été de 21,33 € pour 2001 en tenant compte de l’aide de la Région Wallonne.
 

Sans aller nécessairement jusqu’à cet extrême, il paraît évident que la question des contributions financières se posera certainement. En termes d’équité entre communes mais aussi de critères objectifs de calcul.

La réflexion devra aussi s’étendre à la rémunération des prestations effectuées au bénéfice de privé ou d’association en dehors de situations périlleuses pour les personnes et les biens. Ici, comme pour toutes les redevances en général, une uniformisation des règlements et des tarifs devrait être poursuivie.
 
 
6. La zone de secours.
Dans leur diversité et leur complexité, les risques sont potentiellement présents partout sur l’ensemble du territoire. A cet égard, les dangers d’accidents chimiques ou toxiques liés aux transports routiers sont particulièrement exemplatifs. Tous les services d’incendie, du plus petit au plus grand, sont susceptibles d’y être confrontés. A moins que tous ne soient super équipés, la réponse opérationnelle doit se rechercher dans une complémentarité et une rationalisation optimales de leurs moyens tant humains que matériels et financiers. Les professionnels du terrain s’accordent pour reconnaître que cette démarche requiert une approche supra locale.
 

Nous avons vu que, conçue dans ce contexte, la zone de secours a permis des avancées en matières fonctionnelle et opérationnelle. Rappelons, entre autres, une perception intégrée des risques et de l’organisation des secours, une normalisation des équipements, une coopération renforcée entre les services d’incendie et une concertation permanente entre les chefs de corps.

Il est certain que la poursuite du développement de ce processus zonal offrirait encore bien d’autres perspectives. Notamment :
 

- une harmonisation des règlements, des statuts et des tarifications ;
- la création d’une cellule de spécialistes en prévention qui permettrait un suivi permanent des données techniques et qui servirait de référence et de conseil aux services locaux
- la constitution de staffs spécialisés en analyse des risques, en coordination des secours, en planification des investissements et des charges budgétaires… ;
- la mise en place d’un centre zonal d’entretien des véhicules et de maintenance du matériel ;
- l’installation d’unités spécialisées dans la lutte contre des risques particuliers (chimiques, toxiques, plongée, spéléologie,…) ou dotées de matériel lourd spécifique (container de grosse désincarcération, lutte contre des incendies de grande ampleur, grue de manutention,…).

 

L’extension de l’organisation en zone nécessite que ce groupement territorial dispose d’un minimum de moyens de fonctionnement (direction, secrétariat, budget,…) qui lui soient propres et qui lui permettent de vivre autrement que par la seule bonne volonté des chefs de services.

D’aucuns estiment aussi que pour donner à la zone une réelle consistance, il faut lui conférer la personnalité juridique et dépasser ainsi son statut actuel de simple « association de fait ».

Parmi tous les éléments de prospective, le devenir de la zone est très certainement l’un des plus déterminants.
 
De l’ampleur que l’on donnera à ce concept dépendra l’option soit de procéder à une modification de la gestion des services d’incendie, soit de redéfinir entièrement leur organisation fonctionnelle. Et s’il s’agit d’une réforme, il faut être conscient des problèmes pratiques qui ne manqueront pas de surgir, entre autres en termes de :
 

- transfert de personnels et de biens (immeubles, matériels,…) ;
- participation financière des communes ;
- direction du corps zonal ;
- dispositif opérationnel.


Quoiqu’il en soit et quelle que puisse être la future réalité du concept de zone, il est primordial que toutes les communes soient impliquées et représentées dans sa structure fonctionnelle.

De même, une réorganisation zonale ne peut être l’occasion de restreindre les pouvoirs et compétences des Bourgmestres en matière d’ordre public. Si les secours sont organisés différemment, c’est pour que ceux-ci soient plus efficaces et, toujours, au service de ceux qui, dans les communes, exercent une responsabilité en matière de protection des personnes et des biens.
 
La sauvegarde de l’ancrage communal est essentielle !
 
Si elle suscite déjà bien des sujets de discussion, cette vue prospective ne peut évidemment prétendre à l’exhaustivité. Pour ce faire, d’autres points devraient êtres soumis à votre attention. Au nombre de ceux-ci, et à titre d’exemples, je ne ferai que citer :
 

- l’intégration des services 100 et 101 au sein d’un même dispatching dans le réseau ASTRID ;

- la coopération avec la Protection Civile et l’installation de l’Unité permanente de Gembloux que je ne cesse de réclamer auprès du Ministre de l’Intérieur ;

- l’implication des compagnies d’assurances dans un refinancement des services d’incendie ;

- l’encadrement psychologique structuré des pompiers après des interventions spécialement pénibles ;

- ou encore, la coordination de la gestion de l’aide médicale urgente entre les Ministères de l’Intérieur et de la Santé Publique.
 

Comme vous pouvez le constater, le sujet peut encore être développé… 

 


L’ACTION PROVINCIALE…
En matière de services d’incendie, les principes d’organisation générale et de fonctionnement relèvent des compétences de l’Etat. Pour leur part, les communes sont chargées de financer et de mettre en œuvre les dispositions établies par des législations fédérales et leurs arrêtés d’exécution.
 

Le Gouverneur intervient lui aussi dans l’application de ces réglementations. C’est notamment le cas en ce qui concerne la délimitation territoriale des centres d’incendie, la fixation des contributions financières communales, la tutelle sur les règlements organiques et les nominations d’officiers, la répartition des subsides fédéraux ou encore la participation aux organes représentatifs de la zone de secours.

A première vue, en tant que telle, la Province n’intervient donc pas en ce domaine.

En réalité, et nous l’avons déjà évoqué, elle n’y est pas vraiment étrangère.

A deux titres.
 
Le premier, d’ordre financier, est d’origine récente. Le second s’inscrit dans le créneau traditionnel de l’enseignement provincial.
 
Pour commencer, voyons, si vous le voulez bien, la part que la Province va prendre désormais dans le financement des services d’incendie. Comme je le disais en préambule, elle résulte d’une décision de l’Exécutif Wallon ayant comme finalité de soulager les budgets communaux.
 
Il s’agit d’une participation importante puisque, dès cette année, elle se chiffre à quelques 580.246 € et qu’en se basant sur les données de l’exercice 2003, elle s’élèverait à 1.740.738 € en 2005 et à 2.901.230 € (plus de 117.000.000 de FB) en 2007. Retenons que le montant de cette année équivaut déjà à la subvention annuelle octroyée par l’Etat pour l’acquisition de matériel. A terme, à conditions constantes, l’intervention provinciale sera de loin la principale source extérieure de financement des services d’incendie !
 
Au delà de ce que cela représente comme impact budgétaire, je crois qu’il faut aussi insister sur la portée de ce soutien pécuniaire pour les collectivités locales. Inquiètes quant à leurs responsabilités en matière de sécurité et quant à leur capacité d’y faire face, elles sont en demande d’aides venant des pouvoirs supérieurs. Elles y sont d’autant plus sensibles qu’il s’agit d’un domaine où la pression des revendications de la population ne s’arrête pas aux questions de moyens ou d’argent. Dans ces circonstances, l’intervention de la Province constitue, pour elle, un extraordinaire et nouveau vecteur de légitimité. Ceci méritait d’être dit et versé au dossier de l’avenir de l’institution provinciale.
 
Je voudrais aussi souligner ce que, concrètement, les décisions que vous avez prises en septembre dernier vont impliquer pour nos corps de pompiers. En prenant l’option de constituer un fonds de réserve permettant un emprunt de quelques 4.500.000 €, il devient ainsi possible, en tenant compte d’une participation communale, de répondre aux besoins essentiels des services. Ceux-ci ont été établis par la Commission technique de la zone de secours, en tenant compte des plans pluriannuels d’investissement des communes.
 
Ce sont donc les chefs de corps qui, de manière consensuelle, ont dressé la liste des matériels à acquérir en priorité. Il ne me paraît pas inutile de bien souligner que, de cette façon, le choix des 20 véhicules qui pourront être commandés ainsi que leur affectation ont été guidés par des considérations techniques et par une analyse professionnelle des nécessités absolues du terrain. C’est le même processus qui a été suivi pour élaborer l’inventaire du bon millier d’appareils fixes, mobiles ou portables à acquérir pour moderniser l’équipement de radiocommunication. Entièrement à charge de la Province, cet investissement de près d’1.000.000 €, permettra, d’emblée, à l’ensemble de nos corps de pompiers d’entrer dans le nouveau réseau ASTRID et de bénéficier d’une technologie de pointe des plus performantes. Il me plaît de mettre en évidence qu’en retenant cette option, vous avez été des précurseurs en Belgique.
 
Le second créneau dans lequel la Province mène une activité au bénéfice des services d’incendie est l’enseignement. Nous avons vu, en effet, que les divers brevets de pompiers, du sapeur à l’officier chef de corps, et d’ambulanciers sont délivrés par les deux centres spécialisés de notre Institut Provincial de Formation. Sans compter les recyclages, 1.490 brevets (1.198 pour les pompiers et 292 pour les ambulanciers) ont été décernés en une bonne dizaine d’années. A lui seul, ce chiffre est particulièrement éloquent. Il traduit bien le volume de la demande à satisfaire et, par là même, l’importance de ce type d’enseignement que nous sommes seuls à organiser en Province de Namur.
 

A titre d’information, ces formations représentent un budget annuel de plus ou moins 110.000 euros, dont en moyenne environ 30.000 demeurent à charge de la Province, pour les pompiers et 100.000 euros, entièrement couverts pour les subventions et les minervals, pour les ambulanciers. Il est intéressant de préciser que les cycles de formation organisés à l’ « école du feu » sont ouverts aux élèves provenant de tous les corps d’incendie francophones. Même le service de Bruxelles-Capitale nous confie régulièrement du personnel à instruire.
 

Dans ce secteur d’enseignement, comme dans les autres domaines techniques et professionnels où elle est présente, la Province perpétue ainsi sa vocation traditionnelle de dispenser des formations qui répondent à des besoins spécifiques de notre société et qui ne sont pas rencontrés par ailleurs.

Sous cette rubrique consacrée à la formation, je souhaiterais encore faire état d’une initiative particulièrement intéressante à laquelle le Bureau Economique de la Province et l’Intercommunale de la Région Namuroise sont associés. Il s’agit du projet de création à Sambreville d’un Centre régional de formation et d’entraînement pour les services de secours et de sécurité civile. Emargeant au programme européen de développement URBAN, l’Ecole de Sécurité, Secours, Prévention et Intervention sera ouverte aux pompiers et secouristes venant des secteurs tant public (Services d’incendie, Protection civile,…) que privé (Croix-Rouge, industries, aéroports,…).
 
En plus de l’infrastructure didactique traditionnelle, l’originalité de l’ E.S.S.P.R.I. sera d’offrir un ensemble de bâtiments techniques spécialement adaptés pour une mise en situation réaliste des élèves. Il sera ainsi possible de simuler des circonstances d’interventions aussi diverses que des accidents ferroviaires ou portuaires, des chutes d’avions, des explosions industrielles, des sinistres autoroutiers ou encore des effondrements d’immeubles. Cette dimension pratique constitue indiscutablement un progrès en matière de formation et ouvre, très certainement, des perspectives de synergies avec notre Institut Provincial.
 
Contrairement à ce que l’on pourrait penser de prime abord, l’implication de la Province dans le domaine des services d’incendie est donc bien réelle. Une réalité non négligeable qui s’attache à deux secteurs aussi cruciaux que le financement et la formation. Une réalité qui, pourtant, semble méconnue.
 

Pour être apprécié à sa juste valeur, et notamment par les communes qui en sont les premières bénéficiaires, il me paraît que l’engagement de la Province et, en particulier, l’effort budgétaire consenti, méritent plus de notoriété et de visibilité. C’est d’autant plus important que, comme je l’ai déjà dit, cette part prise dans l’organisation de ce service, par excellence, public conforte la légitimité de notre institution.

Dans, pratiquement tous les états européens, une réorganisation des secours s’est opérée à partir de regroupements plus ou moins larges de circonscriptions territoriales. Sans déprécier les pouvoirs et compétences des autorités responsables de la sécurité au niveau local, ce sont avant tout les modalités de gestion des ressources humaines et matérielles des services qui ont été recentrées à un autre échelon. Partout, comme dans nos zones de secours, efficacité accrue et rationalisation des moyens caractérisent l’objectif poursuivi.
 

Nos voisins français ont ainsi procédé à une départementalisation de leurs corps de pompiers.

Notre zone de secours couvre, à une commune près, l’entièreté de notre territoire provincial. C’est aussi le cas dans le Luxembourg et le Brabant Wallon !
 

La Province n’apparaît-elle pas comme un espace idéal d’organisation des services d’incendie ?

Cette question dépasse évidemment le cadre de ma mercuriale.

Dans l’intérêt de la sécurité, ne vaut-elle pas d’être posée ?
 
 

EPILOGUE.
Avant de quitter cette tribune, il me tient à cœur de rendre hommage à tous nos pompiers.
Toute l’année, 24 heures sur 24, ils sont prêts à nous porter secours. Dans toutes les situations, y compris les plus périlleuses.
 

Qu’ils soient volontaires ou professionnels, tous sont animés du même esprit de dévouement.

Tous partagent le même sens du devoir au service de notre sécurité.

Pour leur marquer publiquement notre profonde considération, pour leur témoigner notre gratitude et notre reconnaissance, je vous invite à leur dédier nos applaudissements.